It is currently Sep 20, 2017 1:33 am


Les médicaments en question

Le forum du projet icarus pour les francophones de tous les pays (ou d'ailleurs). Pour se retrouver, organiser des groupes locaux, créer ensemble, refaire le monde ou partager des infos autour de la santé mentale.

Moderators: pticarus, shimmy

Les médicaments en question

Postby shimmy » Apr 22, 2015 4:25 pm

Un endroit pour comparer les différentes approches et les différents points de vues en ce qui concerne l'usage des médicaments qu'on peut prendre dans l'espoir de se sentir mieux, ou qui parfois nous ont été imposés.

Je suggère que pour commencer la discussion, chacun puisse raconter son expérience personnelle en la matière, étant donné qu'il y a probablement de nombreux contextes différents qui nous conduisent à prendre des médicaments.
shimmy
 
Posts: 32
Joined: Apr 08, 2015 6:51 pm

Re: Les médicaments en question

Postby shimmy » Apr 22, 2015 5:47 pm

Je comence:

Je prends du Risperdal depuis 1999, au moment où j'ai fait une première crise de délire paranoïaque probablement due à une consommation abusive de stupéfiants. Je reconnais que mon comportement à l'époque me faisait souffrir et perturbait beaucoup mon entourage, c'est allé jusqu'à une (petite) tentative de suicide.
Arrivé à l'hôpital psychiatrique, on m'a imposé ce médicament sans même que le médecin m'ait prévenu. Je n'étais peut-être pas très réceptif à l'échange, mais si quelqu'un avait fait l'effort de manifester de la bienveillance à mon égard, je l'aurais peut-être vécu d'une façon moins pénible. Enfin bref le traitement réservé aux patients en hôpital est un autre sujet.
Je pense aussi qu'on m'a donné ce médicament en partie pour me faire taire, puisque j'avais tendance à questionner et à contester. J'aimerais qu'on puisse distinguer ce qui dérange de ce qui est pathologique, nous ne sommes pas des anges et être agressif est parfois un réflèxe de survie.
En tout cas en triant de vieilles ordonnances j'ai constaté qu'on m'avait véritablement donné des doses assomantes jusqu'à ce que mon suivi se stabilise (après une rechute) avec le médecin que j'ai aujourd'hui. Et je me rappelle qu'à l'époque je n'étais pas d'une énergie folle, mais je ne sais pas si c'était dû au médicament ou au choc de mes épisodes de crise; probablement les deux.
Mes symptômes se sont ensuite progressivement arrangés au cours d'une longue période (environ 15 ans maintenant), s'accompagnant d'une baisse progressive (très lente) de mon traitement et d'une reprise d'autonomie. C'était un chemin difficile et en dents de scie, les nouvelles expériences étaient toujours très angoissantes et produisaient un retour relatif des symptômes.
Récemment j'ai atteint de nouveau le minimum historique de mon dosage, que je n'avais jamais jusque là supporté sur la durée. Et je commence enfin à m'agiter un peu socialement pour revendiquer ma condition. Quelque chose renaît en moi que j'avais perdu depuis longtemps.
Je pense qu'outre les 'effets secondaires' qui peuvent vraiment vous pourrir la vie, mon traitement avait fait disparaître une partie de ma personnalité en même temps que ce qui me faisait souffrir. Et comme cela me rendait plus passif, les autres n'avaient pas forcément à s'en plaindre, et j'étais moi-même incapable de me défendre.
Je sais maintenant que cette énergie qui m'anime peut être mise à profit dans des choses positives, et n'est pas forcément une maladie ou une tendance destructrice, si je peux gérer l'angoisse d'être parfois en désacord avec mon environnement. J'estime avoir été réduit au silence par une société que je dérange, au lieu d'avoir été éduqué à valoriser ma différence.
J'espère pouvoir un jour arrêter définitivement ce traitement, et pouvoir reprendre ma vie anormale mais étrange et merveilleuse. J'en suis dépendant encore aujourd'hui mais il n'y a pas de fatalité. Ca ne me rendra pas le temps perdu, mais au moins j'aurai l'impression d'avoir avancé et d'avoir marqué un point dans mon chemin de vie.

Aussi, en parlant d'effets secondaires, je me demande jusqu'à quel point mes énormes problèmes de sommeil ne sont pas dûs à une modification de sa nature (perte du sommeil profond) causée par le médicament. Dans mon cas il y a des tas d'autres causes possibles, mais j'aimerais savoir si d'autres ont des problèmes analogues, en relation avec l'usage de neuroleptiques.

Shimmy
shimmy
 
Posts: 32
Joined: Apr 08, 2015 6:51 pm

Re: Les médicaments en question

Postby Catry » Oct 26, 2016 9:30 am

bonjour Shimmy

Je prends du risperdal depuis 2000, donc on en est presque au même point de démarrage.
j'étais en plein délire paranoiaque mystique de persécution.
J'aimerais en profiter pour dire que j'habite dans le pas de calais. Je pense que c'est primordial si l'on veut créer un réseau de savoir où les uns et les autres habitent.
J'ai démarré avec 8mg de riserdal puis 4 puis 2 et enfin 1mg.
La réduction a été faite par mon psychiatre au vu de l'amélioration de mon état.
Je crois que je peux dire avoir eu un psy qui n'abusait pas des neuroleptiques.

En 2003, j'ai essayé seul d'arrêter, j'ai échoué.
EN 2013 après 10 de traitements, j'ai réussi à fortement diminuer, puis j'ai du reprendre.
1mg par semaine en 2013
2mg par semaine en 2014-2015
3 mg par semaine en 2016

J'ai repris mon traitement car je me réveille à 5H du matin voire 4H.

Je ne désespère pas d’arrêter car j'ai été capable de fortement diminué. Je pense q'il s'agit de se faire suffisamment aider et d'y croire.
Qu'en pensez vous?
Certains d'entre vous ont réussi à fortement baissé ou à arrêter?
Et si oui, comment?

Sinon pour répondre à ta question Shimmy sur le sommeil profond, je crois que je n'ai aucun soucis mais par contre une fois le sommeil profond passé, je fais me réveiller plus facilement dans la dernière partie en phase paradoxale.


2mg
Catry
 
Posts: 16
Joined: Sep 28, 2015 3:57 am

Re: Les médicaments en question

Postby glitrrr » Nov 06, 2016 7:52 am

Salut Catry,
Merci d'avoir partagé ton expérience!
Si je peux me permettre, je pense effectivement qu'il ne faille pas désespérer d'arrêter, d'autant que tu as été capable de fortement diminuer! Tu arrives à trouver des personnes soutien, qui t'accompagnent là dedans ?
Je te souhaite une bonne continuation.
glitrrr
 
Posts: 26
Joined: Jul 03, 2015 4:42 am

Re: Les médicaments en question

Postby Catry » Nov 18, 2016 9:31 am

Bonjour à tous
Merci Glitrr pour ton message de soutien. Je n ai pas grand monde pour me soutenir quant à l arrêt ou la baisse du traitement, heureusement il y a principalement ma chérie et ce qui me donne espoir c'est de rencontrer des gens qui eux ont su arreter comme au congrès mondial desur entendeur de voix en octobre 2016. J y ai entendu Will Hall et ça m à franchement ré motivé.
Je pense que tous ensemble nous avons le pouvoir de nous soutenir et de réduire au maximum les traitements médicamenteux.
Catry
 
Posts: 16
Joined: Sep 28, 2015 3:57 am

Re: Les médicaments en question

Postby Catry » Feb 11, 2017 6:11 pm

Après 3 semaines d essai d'abilify 5 mg jusqu'au 22 octobre, j ai complètement arrêté le traitement. Venir au forum du rev m à bien rebooste et d y avoir entendu Will Hall me fait y croire. Ça fait donc bientôt 4 mois sans rien. Malheureusement depuis 2 semaines le sommeil redevient moins bon, réveil vers 4 ou 5 avec beaucoup de rêves à la fin . J arrive à me rendormir quand même mais je me sens plus fatigué et donc parfois un peu irritable. Qui d autres peut témoigner? Autres expériences?
Catry
 
Posts: 16
Joined: Sep 28, 2015 3:57 am

Re: Les médicaments en question

Postby chaosfertile » Apr 26, 2017 7:40 pm

Attention dans ce post je me questionne sur la démarche volontaire de prendre des médicament (me concernant) et je partage des pensées suicidaires

Salut,
Je suis nouvelle sur le forum, je me suis présentée dans le post "paranoia et présentations"
Merci pour vos témoignages et vos échanges de vécu en rapport à la prise de médocs.
Ou en êtes vous?
Je trouve ça vraiment bien de pouvoir lire vos témoignages, je n'ai pas de vécu ou d'expérience à partager en lien avec l'arrêt ou la prise des médicaments et les aléas qui vont avec.
Mais je suis un peu devant le questionnement de décider de prendre des médicaments ou de continuer sans.

Jusqu'à maintenant je n'ai jamais été hospitalisée, je n'ai jamais eu de traitement médicamenteux et je n'ai jamais eu de contact avec un psychiatre parce que jusqu'a maintenant j'ai tout fais pour éviter ça et j'ai eu la chance d'être entourée par des gens qui m'ont permis d'éviter ça. Aussi mon vécu s'est maintenu dans une fourchette de souffrance et de " perte de contact avec la réalité" qui m'ont permis de l'éviter.

Dernièrement je désepère un peu de trouver des moments de respiration au milieu de la tourmente, je me sens complètement à la mercie de mes émotions d'anxiété et d'apréhension (pour résumer grossièrement), et surtout ça fait 10 ans que j'ai l'impression de me galérer et de pas réussir à aller vers les gens que j'ai envie de rencontrer, de donner forme aux choses que j'ai envie de faire, de participer aux projets que je trouve enthousiasmant. Je me sens de plus en plus isolée, je fais en sorte de voir le moins de monde possible, et quand je vois du monde il y a une part de moi qui est totalement paniquée que j'essaie de masquer du mieux que je peux, mais je n'en peux plus de cotoyer cette panique.
C'est pas la première fois que ça me traverse et je n'ai jamais vraiment envisager profondément sérieusement l'idée de mourrir plutôt que de continuer à vivre avec ces émotions douloureuses, mais en ce moment ça revient parce que j'en peux plus de souffrir et que ma vie s'organise autour de ma souffrance.

Voilà du coup je me pose la question des médicaments, jusqu'a maintenant j'ai toujours eu une position anti-médocs, anti-psychiatres concernant ma manière de gérer ma souffrance mais là je me sens un peu dans une impasse, je me sens épuisée et merdique.
J'essaie depuis un mois un traitement à base plantes mais j'ai pas l'impression que ça change grand chose.
Je me suis intéressée à la méditation pleine conscience et quand j'arrive à le tenir je sens que ça m'aide mais ça demande une volonté....qui me fait cruellement défaut.
marcher dehors et manger bien m'aide un peu aussi mais je n'y arrive pas toute seule et pour l'instant je n'ai pas osé demander de l'aide aux quelques personnes qui pourrait m'en donner

Je me dis que peut être les médicaments pourrient m'éviter de m'épuiser encore plus, que ça peut m'aider à traverser une période....
Mais j'ai peur de m'embarquer dans une démarche qui va m'enfoncer encore plus...

Quelqu'un-e a t-ille un avis, un conseil, un vécu à partager?


Eloise
chaosfertile
 
Posts: 2
Joined: Apr 26, 2017 6:24 am


Return to Icarus Project en Français

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 1 guest