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Traductions

Le forum du projet icarus pour les francophones de tous les pays (ou d'ailleurs). Pour se retrouver, organiser des groupes locaux, créer ensemble, refaire le monde ou partager des infos autour de la santé mentale.

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Traductions

Postby pticarus » Feb 26, 2015 4:55 am

Salut bande de cinglé.es qui traînaient par ici ;)
Je propose de lister ici, les envies, besoins et projets de traductions en français des textes issus de The Icarus Project.
Comme ça on saurait mieux qui veut quoi, qui peut faire quand et qu'est ce qui nous reste à faire...

Allez, je commences:

Dans la série "ça c'est fait !" il y a:
- Le guide pour décrocher des médicaments psychotropes en réduisant les effets nocifs
http://www.willhall.net/files/ComingOffPsychDrugsHarmReductGuide-French-ZinePrint.pdf
- Les ami.es sont le meilleur des remèdes
"http://icarus.poivron.org/uploads/2015/02/lesamieslast.pdf"

Dans la série "ça ce serait plutôt prioritaire !" je dirais qu'il y a:
http://www.theicarusproject.net/articles/navigating-crisis
http://www.theicarusproject.net/articles/the-bipolar-world
http://www.theicarusproject.net/files/trauma_first_aid_fact_sheet12-08.pdf

Il y a aussi la brochure sur burn-out et activisme (je la retrouves pas là...)

Dans la série "ça serait bien aussi !":
http://theicarusproject.net/files/MadnessFirstAidKit-SonnyKentucky.pdf
sans compter toutes les affiches, poèmes et autres illuminations qu'on ne trouve qu'en se perdant sur ce site foisonnant...

-
...
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Re: Traductions

Postby pticarus » Mar 10, 2015 7:00 pm

Bon là j'ai besoin de traduire ça en urgence:
http://www.theicarusproject.net/sites/d ... e05-09.pdf
est-ce qu'il y en a que ça branche de participer ? Relire ? Corriger ? Discuter ?
(Note: Je commence tout de suite...)
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Re: Traductions

Postby asperula » Apr 02, 2015 9:41 am

Coucou,

ton post date d'il y a un moment déjà, mais je me demandais ou tu en étais dans la traduction de "navigating crisis"...
Je veux bien filer un coup de main, pour traduction ou relecture...
je trouve la brochure "the bipolar world" très chouette aussi. Sais tu si des travaux de traduction ont commencés pour celle ci?
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Re: Traductions

Postby pticarus » Apr 03, 2015 11:31 pm

Coucou asperula !
Oui "TRAVERSER UNE CRISE" est presque finie
je t'envois un lien en M.P si tu veux me faire des retours ou corrections ; )
"the bipolar world" c'est l'article de Sasha Altman Dubrul ou tu parles de celle là:
http://theicarusproject.net/files/navig ... _space.pdf ?
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Re: Traductions

Postby Shun Després » Apr 05, 2015 7:00 am

Je souhaiterais traduire la brochure Hurting yourself sur le thème de l'automutilation et je me demandais s'il y avait des personnes qui voudrait s'y coller avec moi.

En attendant, j'ai déjà traduit une brochure courte sur le même thème (quoiqu'axé uniquement sur la taillade), c'est pas du projet Icarus mais je trouve ça sympa quand même : http://pdf.lu/zZQj (en VO ici : http://zinelibrary.info/taking-care-you ... er-cutting)
“When you're five and you hurt, you make a big noise in the world. At ten you whimper. But by the time you make fifteen you begin to eat the poisoned apples that grow on your own inner tree of pain.”
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Re: Traductions

Postby pticarus » Apr 22, 2015 10:42 pm

Moi je suis partant.e ! J'ai aussi une proposition pour s'organiser collectivement autour de nos traductions, enfin surtout pour s'y sentir un peu moins seul.e... Je vais essayer de mettre ça en forme et de poster ça par ici...
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Re: Traductions

Postby sisu » Apr 24, 2015 7:23 am

Ou j'ai hâte d'en savoir plus! Un wiki???? On en a d'ailleurs le saviez vous!
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re:traductions

Postby pticarus » May 02, 2015 10:57 am

HA oui , c'est vrai ça ! Y avait un wiki !
Merci sisu pour ce rappel et désolé d'être autant à la masse...
Aprés je pense qu'il faut clairement délimiter QUELS outils servent à QUOI.
Notamment pour ne pas passer des heures devant l'écran uniquement à gérer des outils.
(ce sera certainement le sujet d'un autre sujet...)
Donc en ce qui concerne l'avancée des TRADUCTIONS...
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Opération secrète !

Postby pticarus » May 02, 2015 11:04 am

Nous lançons dés ce jour, et jusqu'à fin juin, le début d'une
opération secrète de traductions
Image
si vous voulez y prendre part et devenir vous aussi un agent de traduction secrète,
contactez nous discretement par mail ou par M.P et nous vous transmettrons vos ordres de mission.
Nous recrutons également des agents de relectures secrètes
(qui peuvent être nul.les en anglais mais possédant le don de détecter les erreurs orthographiques, grammaticales, syntaxiques ou ayant l'oeil suffisament acéré pour identifier une coquille ou une maladresse typographique...)
Des agents de mise en page secrète et des agents de diffusion secrète
(mais grand public)
Le tout étant ULTRA-CONFIDENTIEL
nous comptons sur votre discrétion !


Le département des traductions secrètes
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Opération secrète (suite)

Postby pticarus » May 11, 2015 1:48 am

Pour facilliter votre mission de traducteurices secrètes du groupe confidentiel icarus-fr
vous devez désormais vous rendre à cette adresse:
https://we.riseup.net/icarus-fr+traductions
(Mais surtout ne le dites à personne ! C'est top-secret !)
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Re: Traductions

Postby glitrrr » Nov 01, 2015 5:56 am

Hello,
Hey, j'ai commencé à me mettre sur la traduction de Trauma First Aid(voir premier post), si y a des genTEs motivéEs pour participer c'est chouette, hésitez pas :) .
Et pour la brochure burn-out, activisme...tu parlais de celle-là : http://mindfuloccupation.org/files/book ... latest.pdf ? Elle est vraiment chouette aussi!
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Re: Trauma first aid

Postby glitrrr » Dec 27, 2015 7:06 pm

Coucou,
voici une proposition de traduction pour Trauma First Aid, n'hésitez pas à faire des retours si vous aviez des corrections, des remarques, des propositions d'améliorations ou autres :)

Premiers secours en cas de traumatisme émotionnel
feuille d'information

Le traumatisme (ou stress post-traumatique) est le « choc » émotionnel après un événement violent, menaçant la vie. Tout ce qui fait paniquer nôtre corps et l'amène à une réaction de fuite/de lutte/de paralysie peut nous laisser traumatisé.es. Les effets peuvent être immédiats ou prendre du temps à faire surface et peuvent être ressentis durant le reste de nos vies.

Être traumatisé.e est une réponse normale à une situation extrême ; même les personnes « solides » comme les pompiers ou les soldats peuvent être traumatisées.

Les causes du traumatisme peuvent inclure une catastrophe, un abus, un viol, le fait d'être témoin de violence, la perte ou le fait de passer du temps avec une personne qui est traumatisée (« vicarious traumatization »). Parce que le traumatisme survient lorsque nos corps perçoivent nos vies comme étant en danger et que nous ne pouvons pas nous échapper, même des opérations chirurgicales, l'abus émotionnel ou la perte d'un.e être aimé.e ou d'une maison peuvent être traumatiques.

Le traumatisme signifie être bloqué.e dans le souvenir d'un événement menaçant nôtre vie. Nos corps et nos esprits agissent comme si l’événement avait encore lieu, maintenant, même si c'est dans le passé.

Nous sommes sur nos gardes, sur la défensive, et « accéléré.es » ou sans espoir, paralysé.es et abasourdi.es. Nous évitons les choses qui nous rappellent le passé et des souvenirs douloureux réactivants et nous nous isolons des autres et limitons notre liberté. Nous refoulons des souvenirs et des sentiments désagréables, parfois en prenant des drogues et de l'alcool. Nous répétons des situations passées. Nous avons des crises de panique ou nous mettons en mode « fuite/lutte », même s'il n'y a pas de danger réel dans la situation présente. Nos vies, nôtre santé et nos relations aux autres souffrent, et nous vivons contraint.es et limité.es par nôtre passé. Parfois nous faisons sortir nôtre douleur sur d'autres personnes, ou devenons auto-destructeur.ices.

Dans le passé, ces réponses traumatiques étaient cruciales pour nôtre survie, et dans le présent elles nous protègent pour que nous ne soyons pas écrasé.es. Lorsque nous évaluons l'utilité de nos mécanismes d'adaptation au traumatisme, le pardon et l'acceptation peuvent amener un changement graduel.

Malheureusement le traumatisme n'est généralement pas une blessure qui guérit juste en attendant que le temps passe. Le traumatisme peut tenir nos vies pendant de nombreuses années. C'est important d'essayer de travailler avec le traumatisme d'une façon ou d'une autre – de la meilleure manière pour toi.

Créer des connections avec d'autres et exprimer honnêtement nos sentiments est important, particulièrement lorsque nous voulons cacher ou éviter nos problèmes. Trouver de la sécurité et de la confiance est la première étape pour guérir.

Le simple fait de parler pourra ne pas être suffisant pour guérir le traumatisme. Parfois parler de ce qui s'est passé peut signifier revivre ce qui s'est passé – et ne pas aider. Si le fait de parler semble te faire tourner en rond ou ne pas mener à un de tes buts, cela pourrait juste agiter les choses, et non les guérir.
Il est également communément cru que tu peux guérir le traumatisme en « le faisant sortir de ton système », en frappant des coussins ou en exprimant des émotions fortes. Cela peut être aidant mais parfois cela peut finir par faire empirer les choses, ou même te re-traumatiser. La guérison réelle du traumatisme est généralement plus lente et plus délicate.

La thérapie, comprenant l'EMDR, la thérapie comportementale dialectique et la thérapie cognitive-comportementale, peut aider de nombreuses personnes. D'autres trouvent que cela n'aide pas. Cette feuille se concentre sur ce que nous pouvons faire pour chacun.e d'entre nous en tant que communauté. De manière plus importante, chacun.e est individuel.le – expérimente et découvre ce qui fonctionne pour toi et apprend comment t'aider au mieux toi et les autres.

Signes d'un état traumatisé ou « réactivé » :

pensées ou souvenirs répétitifs inquiétants liés à l'événement ; souvenirs et sentiments envahissants. Peur chronique.

Regard perdu dans l'espace, perdu dans le vide.

expression et corps apathiques et glacés.
engourdissement. Se sentir « vide ».

attitude défensive extrême et pensée rigide, irritabilité, sur-réaction explosive.

préoccupation et intérêt sexuel constants.

inconfort, douleur, stress, maladie : « sur les nerfs ».

retour vers des situations traumatisantes.


Lorsque quelqu'un.e vient d'être traumatisé.e :

1. Aider d'abord pour toute blessure corporelle, problème de santé ou besoin physique.

2. S'assurer d'aller dans un endroit sécure.

3. Ne pas se lever et faire comme si rien ne s'était passé.
Rester chaleureu.se et calme. Trembler ou être ému.e est une partie de la guérison, et vaut mieux que de rester paralysé.e

4. Si la personne a envie de parler, écouter sans interrompre ou changer de sujet.

5. L'encourager à sentir pleinement les sensations dans son corps. (voir ci-dessous)


Sentir les sensations du corps : clé du premier secours au traumatisme.

Le traumatisme nous coupe de nos corps. Lorsque nous sommes face à un danger bouleversant, nous dissocions ou « quittons notre corps » comme une mesure protectrice. Plus tard ce mécanisme protecteur nous bloque et devient contre-productif. La clé pour guérir le traumatisme est de retourner dans nos corps, en ressentant nos sensations physiques et en rendant nos corps surs et vivants à nouveau.

Demandez, « Comment sais-tu que tu es triste ? Ta gorge ou ta poitrine sont-elles serrées ? Comment sais-tu que tu es effrayé.e ? Y a t-il une sensation froide dans ton estomac ou sens-tu ton cœur serré ? Ressens le pleinement. À quel point ce sentiment est important ? Est-ce qu'il change ? Que sens-tu ensuite ? » Écoutez sans interruption et laissez le temps nécessaire pour ressentir et répondre. Vous apaiser et vous ressourcer vous-même aidera également l'autre personne.

Garder les yeux ouverts est généralement mieux pour se concentrer sur les sensations du corps.

Si la personne ne peut pas sentir son corps du tout, demandez : « Peux-tu sentir tes pieds sur le sol ? Ton bassin sur la chaise ? » Prenez sa main ou son épaule et dites : « Peux-tu sentir ma main ? » Demandez toujours avant de la toucher. Si iel est allongé.e, demandez lui de se redresser. Demandez lui de marcher doucement et de sentir ses jambes et ses pieds. Ou prenez ses pieds et pressez les contre le sol.

Si la personne a le regard perdu dans le vide, parle en boucle, est renfermée sur elle même ou agitée, encouragez-la à se concentrer sur le monde autour d'elle. Demandez " Regarde autour de toi. Quelles couleurs vois-tu ? Peux-tu les nommer ? " Demandez-lui de ressentir les sensations dans son corps.

Lorsque quelqu'un.e est préoccupé.e par les souvenirs traumatiques, trouvez des distractions. Demandez-lui « Quand te sentais-tu en sécurité et en paix ? Peux-tu décrire les particularités, les sons, les odeurs et les couleurs de ce moment ? » Demandez-lui de ressentir les sensations dans son corps.

Si la personne est sur la défensive, sur ses gardes et ne coopère pas, laissez tomber. Changez de sujet, allez vous promener, laissez la discussion/le travail pour plus tard. Lorsqu'une personne traumatisée et défensive vous perçoit comme une menace, il est vraiment difficile de la convaincre d'arrêter ou qu'elle est en train de vivre un flashback. Attendez qu'elle soit calme pour en discuter.

Si les sensations corporelles sont trop inconfortables, essayez de trouver une sensation, même faible, qui soit neutre ou plaisante, et concentrez-vous dessus. Faites des allées et venues entre les sensations inconfortables et les sensations plaisantes. Faites attention à toute relaxation dans la respiration, à toute chaleur ou tremblement. Cela est normal, ressentez les sensations pleinement.


Accepter nos sentiments
Les sentiments de peur, de culpabilité, de perte, de tristesse ou de colère sont normaux lorsque vous êtes traumatisé.e. Ne jugez pas vos sentiments ou ceux des autres. Écoutez avec acceptation et en y prêtant de l'attention.


Éléments réactivants
Cela peut être aidant de faire une liste de situations et de choses qui ravivent des souvenirs traumatiques et vous bouleversent. Des anniversaires d'événements, des personnes, des endroits et des situations peuvent tous être des éléments réactivants. Apprenez à éviter ces éléments déclencheurs, exposez-vous y graduellement, ou préparez-vous pour le moment où ils arriveront. Demandez à des ami.es de vous aider.

Se ressourcer
Écrivez une liste de choses qui vous font vous sentir fort.e et en sécurité dans vôtre corps. Ce peut-être n'importe quoi, comme marcher ou prendre des bains, faire de l'exercice ou du sport, écouter de la musique ou dorlotez vôtre chien.ne. Ajoutez des choses que vous avez faites par le passé et que vous voudriez refaire. Garder la liste et ajoutez-y de nouvelles ressources lorsque vous en trouvez.

Respiration
La relaxation profonde, relaxée peut souvent soulager les symptômes du traumatisme. Asseyez-vous confortablement et remplissez doucement vôtre ventre, vôtre poitrine et vos épaules en inspirant et expirez de vos épaules, vôtre poitrine et vôtre ventre. Respirer confortablement - ne vous forcez pas - mais permettez-vous de prendre des respirations lentes et profondes. Quelques minutes de respiration de cette manière peuvent vous aider à vous calmer.

Santé physique
Les survivant.es de traumatisme ont souvent un système immunitaire affaibli et sont plus vulnérables à tomber malade. Ayez un repos adéquat et de l'eau fraîche, sortez dans la nature, faites de l'exercice, et évitez la junk-food. Pensez à un complément muti-vitaminé/avec plusieurs minéraux, et beaucoup de vitamines B et C.


Médicaments psychiatriques
Des anti-dépresseurs, tranquillisants (benzodiazépines) et d'autres médicaments psychiatriques peuvent apporter un apaisement sur une courte-durée et peuvent aider face à une anxiété extrême et des insomnies. Ces médicaments ont des effets secondaires très risqués et sont toxiques pour le corps. L'usage sur le long cours peut mener à l'addiction, faire empirer l'insomnie et l'anxiété, interférer avec le processus naturel de guérison et l'overdose peut être fatale. Évitez ou utilisez-les précautionneusement.

Traitements alternatifs, holistiques et à base de plantes
Les plantes, les remèdes traditionnels et le soin holistique peuvent être très efficaces par rapport au traumatisme. Après le 11 septembre et Katrina, des acupuncteur.es apportèrent un apaisement immédiat aux survivant.es du traumatisme, y compris les pompiers et les personnel.les médica.les.

Aider les enfants qui ont été traumatisé.es

1- Répondez en premier à tous besoins médicaux physiques. Assurez-vous que l'enfant soit en sécurité, dans un endroit chaleureux.

2- Calmez vous – cela aidera à calmer l'enfant.

3- Dites à l'enfant qu'il est OK de pleurer, de trembler ou de s'agiter. Tenez l_ gentiment et dites lui « C'est OK. C'est bien de pleurer/être en colère. Laisse juste les sentiments venir. »

4- Écoutez l'enfant et dites lui que ses émotions sont OK. N'essayez pas de leur parler de leurs sentiments ou de les faire taire.

5- Plus tard, demandez à l'enfant de s'exprimer sur ce qui s'est passé. Utilisez des jouets ou des peluches. Allez y doucement afin qu'iel ne soit pas submergé.e. Demandez lui ce qu'iel sent dans son corps, où iel le sent, ce à quoi ça ressemble. Arrêtez et rassurez l_, puis revenez plus tard lorsqu'iel est calme.


_______________________
Écrit par Will Hall
Sources : Peter Levine, Judith Herman.
Remerciements : Julie Diamond. 12-08 version.
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Re: Vivre avec des sentiments suicidaires

Postby glitrrr » Dec 27, 2015 7:08 pm

Et là, une autre proposition de traduction d'un autre texte de Will Hall, là encore retours bienvenus :)

Vivre avec des sentiments suicidaires
par Will Hall

Le temps d'une nouvelle compréhension des sentiments suicidaires est venu.

Est-ce vraiment le mieux de contraindre quelqu'un.e dans un hôpital lorsqu'iel est suicidaire ? Est-ce que les sentiments suicidaires et les « facteurs de risques » signifient vraiment que des professionnel.les peuvent prédire si quelqu'un.e pourrait essayer de se tuer ? Et est-ce que les sentiments suicidaires sont un symptôme d'une maladie curable qui devrait inclure la prescription de médicaments ?

J'étais enfermé dans les urgences psychiatriques de l’hôpital général de San Francisco parce que l'isolement était considéré comme nécessaire pour me protéger du suicide. Mais lorsque j'étais attaché de force, enfermé dans une cellule d'isolement, menacé d'être fouillé au corps, maintenu derrière les barreaux des fenêtres de l'hôpital pendant des mois et soumis à des traitements dégradants, c'était de l’hôpital dont j'avais besoin d'être protégé – pas des mes propres sentiments.

Si les gen.tes ne sont pas toujours maltraité.es dans les unités d'hospitalisation comme je l'ai été aux États-Unis, le mal qui m'a été fait au nom du soin est une tragédie trop commune. Même si certain.es patient.es sont reconnaissant.es du fait d'avoir été interné.es contre leur volonté, et même si nous reconnaissons une diversité d'expériences dans les hôpitaux, la question subsiste : Est-ce que la possibilité de blesser des gen.tes comme je l'ai été en vaut la peine ?

Est-ce que la société tolérerait n'importe quelle autre intervention médicale avec de telles possibilités de risques dévastateurs, avec un nombre si élevé de traumatismes iatrogéniques ? Ne devrions nous pas chercher d'autres approches, avec moins de risques d'être blésé.es, au lieu de simplement accepter la violence institutionnelle régulière/systématique ?

Blesser certain.es patient.es et violer leur liberté personnelle, est, à ce qu'on dit, le prix que nous payons pour prévenir le suicide. Mais est-ce que ce calcul est un calcul efficace ? Que dit la recherche par rapport à la prévention du suicide ?

L'armée des États-Unis, faisant face à des taux de suicide plus élevés que ceux des morts au combat, a résumé les recherches existantes dans une étude du Walter Reed Army Medical Center. On y trouve que « …même lorsque tous les facteurs de risques connus sont considérés ensemble, ils pourraient seulement rendre compte d'une faible proportion des variances dans les comportements suicidaires. Cela étant dit, les facteurs de risque connus ne fournissent pas aux cliniciens les informations suffisantes pour prévenir le suicide ». Il en résulte que les hôpitaux commettent de nombreuses erreurs « faussement positives », et les interventions « bien intentionnées » touchent sûrement de nombreuses personnes pour qui l'intervention n'est pas nécessaire. L'étude liste certains des effets défavorables des interventions  : violation de la confidentialité, dégâts sur la relation thérapeutique, stigmate accrus, abandon du traitement, et évitement de « conversations franches autour des idées suicidaires dans le futur » [1]

Les interventions forcées et intrusives ne sont pas basées sur un calcul intelligent de prévention des risques. Au lieu de ça, elles font régulièrement du mal aux gens, et découragent de nombreuses personnes, qui ont peur des traitements involontaires, de demander de l'aide. (Et les gen.tes apprennent parfois à utiliser le langage de la « sécurité » et du « suicide » pour demander l'hospitalisation lorsque aucune autre option de traitement n'est envisagée – plutôt que de parler de la douleur, de la peur, de la tristesse, ou du sentiment d'abandon qu'iels ressentent). Pour être honnête, les interventions forcées ne peuvent pas être montrées comme étant actuellement un moyen de prévenir le suicide, ce qu'elles traitent réellement c'est la peur de la responsabilité entretenue par les professionnel.les. Nous avons besoin d'une nouvelle approche.

Nous avons besoin de parler ouvertement de nos sentiments suicidaires sans la peur d'une réaction institutionnelle.

Lorsque nous avons ces discussions, que j'ai eu durant les 12 dernières années en tant qu'organisateur de groupe de soutien, formateur, et maintenant en tant que thérapeute, nous apprenons que les sentiments suicidaires sont beaucoup plus communs qu'on ne le pense. De nombreuses personnes vivent avec des sentiments suicidaires, et être capable de parler de l'envie pressante de mourir, comme être capable de parler de n'importe quelle détresse extrême, est la clé de la rémission.

Les gen.tes deviennent suicidaires à cause de circonstances de vie et d'expériences réelles. Si les effets secondaires des drogues (parfois des médicaments psychiatriques eux-mêmes), l'exposition chimique, et d'autres facteurs peuvent contribuer, les sentiments suicidaires ne peuvent pas toujours être expliqués comme étant le symptôme d'une chimie du cerveau défaillante qui doit être corrigée par des médicaments. Les médicaments, lorsqu'ils aident, ne contrent aucun processus de maladie connue, et souvent l'attente et l'effet placebo sont responsables des effets du médicament. Comme Joanna Moncrieff et David Cohen l'ont écrit dans le British Medical Journal de Mai 2009, « ...les médicaments psychiatriques sont, d'abord et surtout, des médicaments psychotropes. Ils induisent un état physique et mental complexe, varié, souvent imprévisible que l_ patient.e vit comme une expérience globale, plutôt qu'en distinguant les effets thérapeutiques et les effets secondaires. Les médicaments peuvent être utiles parce que certains états altérés peuvent supprimer les manifestations de certaines maladies mentales. » [2]

Lorsque nous commençons à écouter nous découvrons également quelque chose de vraiment surprenant. Les sentiments suicidaires ne sont pas la même chose qu’abandonner la vie. Les sentiments suicidaires expriment souvent un besoin puissant et submergeant d'une vie différente. Les sentiments suicidaires peuvent être, d'une manière désespérée et difficile, une demande pour quelque chose de nouveau. Écoutez une personne qui est suicidaire et vous entendrez souvent un besoin de changement tellement important, tellement indispensable, qu'elle préférerait mourir plutôt que de continuer à vivre sans ce changement. Et lorsque la personne se sent incapable de faire arriver ce changement, elle devient suicidaire.

L'aide vient lorsque la personne identifie le changement qu'elle veut et commence à croire qu'il peut actuellement arriver. Que ce soit de dépasser une situation familiale impossible, de changer de carrière ou d'étude, de faire face à un.e oppresseur.e, de soulager une douleur physique chronique, d'éveiller une inspiration créative, de se sentir moins seul.e, ou de commencer à considérer qu'on en vaut la peine, à la racine des sentiments suicidaires il y a souvent l'impuissance à changer ta vie – pas d'abandonner la vie elle-même.

Le suicide est et restera toujours un mystère. Nous ne savons jamais pourquoi, face à cette terrible envie de mourir, une personnes mettra fin à ces jours et une autre reviendra du bord. La science de la suicidologie n'a pas de réponse concluante pour expliquer pourquoi je suis vivant aujourd'hui, comment j'ai survécu à mes sentiments suicidaires et enduré des états de désespoir si profonds que je ne pouvais ni me nourrir ni quitter mon appartement. Je ne saurais jamais pourquoi je suis l'une des personnes qui, au Golden Gate bridge à San Franscisco, ne s'est pas laissée tomber dans l'eau en dessous mais s'est, au lieu de cela, retournée et a marché vers le bord. Je suis reconnaissant envers la chose qui à l'intérieur de moi, dans le monde ou l'univers, me laisse vivre.

Alors que j'ai trouvé aujourd'hui un engagement pour vivre, je lutte encore parfois avec des sentiments suicidaires. Je vis avec ces moments, ces jours, ou même ces semaines de douleur extrême parce que j'ai des ami.es proches assez courrageu.ses pour écouter et montrer qu'iels y font attention – plutôt que de sur-réagir avec de la peur et de m'envoyer vers des professionnel.les en santé mentale qui comptent sur les traitements forcés. Et j'ai appris à rencontrer mes sentiments suicidaires comme des messagers du changement, une opportunité de chercher à l'intérieur de moi-même de nouvelles directions pour ma vie.

Je veux vivre dans un monde où nous pourrions parler ouvertement de ce qui nous arrive, de nos sentiments et de nos rêves, y compris les sentiments de vouloir mourir que nous avons parfois. Je pourrais vous demander de m’appeler plus tard, ou de rester chez moi, je pourrais vous demander de me donner le flacon de pilules que vous avez ou je pourrais même vous demander si vous ne vous sentiriez pas plus en sécurité dans un hôpital.

Mais je ne substituerais pas le fait de vous écouter par une évaluation des risques, la fausse sécurité de l'isolement forcé ou la croyance rassurante dans des explications et des solutions simples. Les sentiments suicidaires font partis des pires formes de souffrance de l'humanité : la réponse que nous donnons est un appel à nôtre plus grande humanité.

____________________________________

Publié pour la première fois ici : Scottish Recovery Network

Notes
Je suis reconnaissant envers David Webb, Janice Sorensen, Ed Knight, Arnold Mindell, et le Western Massachusetts Recovery Learning Community pour leur travail innovant sur ces questions.
[1] “Army Suicide Surveillance: A Prerequisite to Suicide Prevention” by Gregory Gahm and Mark Reger. In E. Ritchie (Ed.), Combat and Operational Behavioral Health (pp.393-402). Department of Defense, Office of the Surgeon General, US Army, Borden Institute. Found at 
https://ke.army.mil/bordeninstitute/pub ... -final.pdf
[2] “How do psychiatric drugs work?” BMJ 2009; 338 doi: 
http://dx.doi.org/10.1136/bmj.b1963 (29 May 2009. BMJ 2009;338:b1963)
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